Violences policières contre militants antifascistes


Violences policières contre des militant.e.s antifascistes samedi à Charleroi. « En 40 ans de syndicalisme, je n’ai jamais vu une telle disproportion ! », Thierry Bodson, Secrétaire général de la FGTB wallonne.

Ce n’était pas une manifestation de masse. Nous étions une centaine. À l’heure où l’on commémore la fin de la barbarie nazie commise il y a 75 ans, des femmes et des hommes de tous âges sont venus protester pacifiquement contre la constitution d’un nouveau parti d’extrême droite à Charleroi. Nous - responsables syndicaux, militant.e.s démocrates non violent.e.s, parlementaires, mutuellistes… - avons dû faire face à une agression policière aussi inattendue que démesurée.

Samedi, les forces de police de la Ville de Charleroi se sont purement et simplement livrées à un dérapage : le type d’arme utilisé, le volume des troupes déployées, l’utilisation abusive de gaz poivré, le recours aux autopompes à deux reprises alors que les manifestant.e.s étaient déjà disloqué.e.s… Tout était hors normes. Rien n’est justifiable.

Sans négociation avec les manifestant.e.s, la police de Charleroi a exécuté des ordres. Ces ordres ont, dans les faits, protégé des fascistes, qui ont même pu profiter de la charge policière pour passer à tabac des militant.e.s démocrates pacifistes. Plusieurs d’entre nous ont été blessés.

À la veille d’une grande manifestation syndicale pour la défense de la sécurité sociale, créée il y a 75 ans pour qu’il n’y ait « plus jamais ça », je m’inquiète du sort réservé aux libertés syndicales. Plus fondamentalement, je m’inquiète de ce que des agents de l’État belge aient, de manière particulièrement zélée, réprimé une mobilisation antifasciste, sans raison valable.

J’invite les femmes et les hommes politiques démocrates à s’interroger sur la « normalité » de ce qui vient de se passer. N’ayons pas la mémoire courte. On ne peut simultanément s’indigner de ce qui fut la plus grande barbarie de l’Histoire et se montrer indifférents à l’émergence d’un parti qui s’en trouve nostalgique !

Samedi, la police s’est acharnée contre celles et ceux qui se dressent pacifiquement contre la recrudescence des partis néo-nazis… Nous ne pouvons laisser cet épisode sans suite.