L’extrême droite se sent invulnérable : à qui la faute ?


Nauséabondes, ignobles, répugnantes… Les mots ne manquent pas pour qualifier les vociférations entendues hier dans les rues de Bruxelles lors de la manifestation « Stop Marrakech ». Seul mérite de cette dernière : avoir dévoilé le vrai visage de l’extrême droite et fait exploser sa stratégie de « normalisation ».

Ce déferlement de haine et de violence était malheureusement prévisible. Depuis maintenant quatre ans, les actes et provocations de la N-VA au sein du gouvernement Michel ont en effet contribué à populariser les thèses d’extrême droite. De même, l’indulgence de Charles Michel à l’égard des provocations racistes de Theo Francken ont décomplexé les néo-réacs et fascistes de tout poil. Plus largement, ce sont les gages de respectabilité que le MR a donné à la N-VA – un parti qui a toujours sciemment cultivé l’ambiguïté par rapport à l’extrême droite et la mouvance collaborationniste flamande – qui ont contribué à déclencher l’engrenage de la haine dont la manifestation d’hier fut une des plus puissantes expressions à ce jour. Charles Michel et son parti portent en cela une responsabilité historique.

Pour enrayer cette logique de haine et de rejet, il faut tenir des positions claires et non négociables. Au surlendemain du décès du père de la loi de 1981, la FGTB wallonne tient à rappeler que le racisme est tout simplement un délit. Et que l’extrême droite et ses alliés objectifs doivent rester infréquentables.