Le Tax shift reste socialement injuste


Communiqué de presse de la FGTB Fédérale (Bruxelles, le 12 octobre 2015)

Le gouvernement n’a pas revu fondamentalement ses projets concernant le fameux ‘Tax shift’ qu’il avait annoncé en juillet, et ce, en dépit de l’opposition massive des organisations syndicales et des mouvements sociaux.

La FGTB reste par conséquent convaincue que ce Tax shift est socialement injuste. Ce sont toujours les ménages, les travailleurs et les allocataires sociaux qui payeront la facture.

Les grandes fortunes sont à nouveau ménagées : il n’est pas question d’un véritable impôt sur les fortunes ni d’une vraie taxe sur les plus-values qui contribueraient à l’équilibre budgétaire et au financement alternatif de la sécurité sociale. Ce sont au contraire les impôts indirects qui sont relevés, alors que la fiscalité indirecte pèse plus lourdement sur les revenus modestes. En ce qui concerne les ‘efforts’ dans la lutte contre la fraude fiscale, la FGTB estime qu’ils n’auront d’effet que si cette lutte est menée de manière permanente et sans réserve. La FGTB déplore aussi la facilité avec laquelle ce gouvernement organise une nouvelle opération d’amnistie fiscale.

Avec la réduction des cotisations sociales, les entreprises continuent à recevoir des cadeaux sans que le gouvernement ne leur demande le moindre engagement en matière d’emploi.

La FGTB se doit également de constater que le gouvernement continue à tromper les gens. Nos calculs démontrent que de nombreux travailleurs et allocataires perdront davantage - via la hausse des taxes et des factures - qu’ils ne gagneront via la réduction fiscale (les « 100 euros »). En outre, les factures sont d’ores et déjà revues à la hausse alors que le gros de la réduction d’impôt n’est encore qu’une lointaine promesse (fin de la législature). En d’autres termes, si seul le positif est mis en lumière, chacun est en fin de compte perdant.

Ajoutons à cela, le silence inquiétant du gouvernement sur les coupes supplémentaires qui seront effectuées dans les soins de santé, les pensions et la sécurité sociale pour que les comptes soient équilibrés.

Lorsqu’il s’agit de se présenter comme un gouvernement menant une politique sociale, ce gouvernement est très fort. La réalité est toutefois toute autre. Le gouvernement Michel continue sur sa lancée conservatrice afin de rendre notre État-providence de moins en moins social.