STOP A LA CHASSE AUX TRAVAILLEURS A TEMPS PARTIEL !


Bruxelles, le 9 juillet 2015 - Communiqué de presse de la FGTB

Après les jeunes diplômés et les travailleurs âgés, c’est maintenant au tour des travailleurs-chômeurs à temps partiel de subir une baisse de leur revenu. Le gouvernement s’en prend une fois encore aux plus faibles, à savoir ceux qui acceptent un emploi à temps partiel et touchent un complément du chômage en faisant appel à l’allocation de garantie de revenu. Dans 78% des cas les bénéficiaires de l’AGR sont des femmes, très souvent des mères célibataires.

Qu’est-ce que l’allocation de garantie de revenu (AGR) ?

Pour échapper au chômage et conserver leurs droits, les chômeurs doivent accepter des emplois à temps partiel mais ils continuent à percevoir un complément du chômage. Pour que leur revenu cumulé du travail et du chômage ne soit pas inférieur à leur allocation de chômage complet, une indemnité complémentaire appelée « Allocation de Garantie de Revenu » (AGR) est prévue. Ces personnes sont maintenant mises dans une situation insoutenable par le gouvernement Michel qui a revu à la baisse l’AGR.

Attaques sur leurs revenus :

1) L’abaissement du plafond d’accès : pour bénéficier de l’AGR le salaire brut mensuel ne pouvait, jusqu’en 2014, dépasser 1.559,38 euros. Depuis 2015, ce montant a été ramené à 1.501,82 euros.

2) La modulation familiale : jusqu’à l’année passée l’AGR représentait un montant fixe de 3,05 €/heure, quel que soit le statut familial. Depuis janvier 2015 l’AGR dépend de la composition du ménage :
- pour les chefs de ménage, 3,05 € ;
- pour les isolés, 2,14 € ;
- pour les cohabitants, 1,21 €.

3) La prise en compte du bonus emploi : le calcul de l’AGR ne tient actuellement pas compte du bonus à l’emploi (réduction des cotisations personnelles pour les bas salaires). À l’avenir, le bonus emploi sera compté dans le salaire net ce qui aura pour effet d’augmenter le salaire pris en compte pour le calcul et de réduire le montant de l’AGR.

4) La réduction de 50% de l’AGR après 2 ans : après 2 ans l’AGR sera diminuée de moitié. Cette mesure entrera en vigueur en 2017.

On va donc en arriver à ce qu’un cohabitant – selon sa situation en ce qui concerne la dégressivité des allocations - gagnerait moins en combinant travail et chômage que s’il était chômeur complet !

Selon l’ONEM, le nombre de travailleurs à temps partiel bénéficiant d’une AGR a déjà été ramené à 43.300 (- 15%) grâce aux premières mesures prises et les dépenses passeront, en 2016, de 245 millions à 183,5 millions (- 25%). La réduction de moitié de l’allocation à partir du 1er janvier 2017 permettrait une économie de 50% en plus ! Contraindre les chômeurs à rechercher sans fin des emplois inexistants

Les projets de texte qui sont soumis au Comité de gestion de l’ONEM nous apprennent que ce gouvernement veut en outre soumettre les travailleurs à temps partiel bénéficiant d’une AGR au contrôle de disponibilité, c’est-à-dire à postuler sans relâche pour un emploi à temps plein sous peine de sanctions dans des secteurs où les emplois à temps plein n’existent pratiquement pas.

Une étude menée auprès de 21.213 membres touchant une AGR à la FGTB nous apprend :

-  qu’il s’agit surtout de chefs de ménage ( 52%) et d’isolés (25%), qui seront tous jetés dans la pauvreté. Dans 7.847 cas (37% !) ce sont des familles monoparentales !

-  qu’ils travaillent principalement dans des secteurs où des emplois à temps plein ne sont pas disponibles, dont :

o 21% dans le secteur du nettoyage (souvent des horaires de travail avant et après les heures de travail ordinaires) ; o 14% dans le secteur de la distribution et du commerce (heures d’affluence pour la vente) ; o 11% dans l’HORECA (heures d’affluence irrégulières) ; o 16% dans le secteur public (essentiellement des horaires incomplets dans l’enseignement et le non-marchand).

Tout comme les chômeurs âgés et les prépensionnés que l’on va contraindre à postuler sans relâche pour des emplois qui sont rarement, voire jamais, disponibles pour les plus de 55 ans, on veut maintenant faire de même avec les travailleurs à temps partiel dans des secteurs où les emplois à temps plein n’existent pas.

L’objectif est clair : harceler les travailleurs à temps partiel, comme on le fait avec les prépensionnés, pour qu’ils renoncent à l’AGR. Que ces personnes se retrouvent dans la misère et perdent aussi leurs droits sociaux liés à l’AGR, n’est manifestement pas le problème de ce gouvernement.

Documents à télécharger

Type : Word
cp
(Word – 61 ko)