Emploi des jeunes : les fausses bonnes idées du gouvernement fédéral


Communiqué de presse des jeunes FGTB - 21/05/15

Hier, 20 mai 2015, nous avons été reçus par le Ministre Kris Peeters. Cette rencontre fait suite à nos actions du 11 mars et du 12 mai pour l’emploi des jeunes. Les Jeunes FGTB, les ABVV Jongeren, ainsi que les Travailleurs sans emploi de la FGTB wallonne y étaient représentés. Nous étions accompagnés des Jeunes CSC et ACV Jongeren.

Nous avons, à cette occasion, formulé notre vive inquiétude par rapport aux nombreuses mesures antisociales prises par le gouvernement fédéral, notamment celles qui imposent l’exclusion et la limitation de l’accès aux allocations d’insertion. Nous avons également pointé le manque de perspectives en terme de création d’emplois réels et notre mécontentement à l’égard des deux mesures actuellement sur la table du gouvernement : la réduction du salaire minimum pour les jeunes et la flexibilisation accrue du travail d’étudiant.

Le document qui a été remis par la délégation Jeunes FGTB au Ministre se trouve en annexe. Ce document reprend l’essentiel des mesures que nous dénonçons et leurs répercussions concrètes, la situation de l’emploi des jeunes ainsi que nos revendications et propositions. Voici un résumé des réponses apportées par le Ministre :

Pour Kris PEETERS, l’objectif poursuivi par le gouvernement fédéral est bien de favoriser l’emploi mais tout en insistant sur le fait que ce sont les entreprises qui doivent créer de l’emploi.

Il se réfère à l’accord de gouvernement pour la liste des mesures qui vont dans ce sens[1]. Pour l’essentiel, ces mesures doivent selon lui « stimuler les jeunes » et « réduire le coût du travail ».

Dès lors, dans l’optique de « stimuler les jeunes », le gouvernement fédéral représenté par son Ministre de l’Emploi, considère que priver les jeunes de moins de 21 ans qui n’auraient pas de diplôme de leurs allocations d’insertion est une bonne mesure pour les pousser à avoir un diplôme.

La proposition de liste des diplômes et certificats qui ouvriront le droit aux allocations d’insertion sera bientôt transmise aux ministres des Régions et Communautés afin d’obtenir leur aval. La liste a été rédigée en tenant compte de l’expertise et des recommandations de ces mêmes ministres. Elle semble relativement exhaustive et le Ministre espère par conséquent qu’elle sera approuvée avant les vacances d’été.  Quid du décrochage scolaire particulièrement important en Wallonie et à Bruxelles, dans les régions les moins favorisées ? Ne faudrait-il pas investir davantage dans l’enseignement et mieux y affecter les moyens afin de résoudre en amont le problème du décrochage et du redoublement ? Pour nous, un jeune qui décroche ne sera pas davantage motivé à obtenir un diplôme dans la simple perspective de pouvoir peut-être percevoir des allocations d’insertion au minimum un an plus tard, au terme d’un stage d’insertion pendant lequel il ne percevra rien mais sera contrôlé. L’objectif d’un jeune qui arrête ses études c’est souvent de travailler pour subvenir plus rapidement à ses besoins et ceux de sa famille… demain ce sera toujours le cas sauf qu’il ne bénéficiera plus de filet de sécurité s’il ne trouve pas d’emploi suffisamment stable.  Quid de cette liste ? Il est urgent de pouvoir déterminer rapidement quels diplômes seront nécessaires pour l’ouverture du droit aux allocations d’insertion (application au 1/09/15 !).  Quid des jeunes qui sont actuellement en stage d’insertion et qui n’ont pas de diplôme ? A l’époque de leur inscription ils n’étaient pas au courant de cette mesure. S’ils doivent se réinscrire à partir de septembre et qu’ils ont moins de 21 ans, ils ne pourront pas ouvrir leur droit aux allocations d’insertion.  Quid du droit aux allocations familiales dans la période avant 21 ans et en dehors du stage d’insertion ?  Quid de l’accompagnement des jeunes qui seront « dans la nature » dans la période entre la fin de leur stage d’insertion et le moment de leur accès aux allocations d’insertion à 21 ans. Le gouvernement fabrique de NEETs[2] alors qu’il s’est engagé auprès de la Commission européenne à mettre en place des dispositifs pour résoudre ce problème et garder les jeunes dans des dispositifs d’accompagnement, de formation ou d’emploi !

Pour ce dernier aspect, le Ministre laisse la porte ouverte à des propositions concrètes car il est conscient que c’est effectivement un problème.

Pour le reste, il renvoie à la responsabilité des Régions et des Communautés de s’adapter.

En ce qui concerne le droit aux allocations d’insertion devenu inaccessible pour les jeunes qui terminent leurs études au-delà de leur 24ème anniversaire, Kris Peeters estime qu’à 24 ans tout le monde devrait avoir terminé ses études.  Quid des études longues (universitaires et spécialisation) ou des jeunes qui ont eu un parcours scolaire difficile, ont du travailler pendant leurs études,… ?  Le diplôme universitaire n’est plus aujourd’hui une assurance d’obtenir un emploi de qualité. Le manque d’expérience, l’inexistence d’aides à l’embauche pour ce type de public pousse les employeurs à tirer les salaires vers le bas ou à utiliser des contrats précaires entre lesquels ces jeunes n’auront pas droit à des allocations d’insertion, pas de filet de sécurité non plus donc.

Selon le Ministre, il sera impossible de revenir sur ces deux mesures, mais il reste ouvert à la discussion et à organiser un « monitoring » des effets de ces mesures.

Concernant le salaire minimum des jeunes, Kris Peeters assure que cette proposition ne passera pas. Il propose en contrepartie que les secteurs affectent 0.05% de la masse salariale à la formation et à l’engagement de jeunes. Il existait déjà une obligation d’y affecter 0.025%, cette proportion est donc doublée. L’affectation de ces moyens doit se négocier dans les secteurs entre patrons et syndicats.

Par rapport à la flexibilisation accrue des jobs d’étudiants, les aspects techniques de la déclaration en heures retardent l’échéance. Pour contrebalancer la mise en concurrence des jobistes et des travailleurs « classiques » peu qualifiés, le Ministre entend réduire les cotisations sociales patronales à 0% pour les travailleurs peu qualifiés.

Ensuite, en ce qui concerne la précarité de l’emploi qui reste un grave problème (intérim, temps partiel,…), le Ministre compte organiser des tables rondes sur l’emploi décent, stable,… afin de dégager des solutions.

Enfin, le gouvernement n’est absolument pas disposé à ne serait-ce que parler de la réduction collective du temps de travail avec maintien des salaires et embauche compensatoire.

Cette rencontre ne laisse donc pas présager de changements significatifs par rapport à la direction prise par le gouvernement fédéral et son Ministre de l’Emploi. Nous devons donc continuer à nous battre, à démontrer par des témoignages, des actions fortes et rassembleuses, que ce gouvernement va droit dans le mur et conduit des milliers de familles à la pauvreté !

Le combat continue !

Contact : Sciacchitano Angela – Coordinatrice Jeunes FGTB – 0474/45.82.56- mail des jeunes FGTB cliquez ICI-

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